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Un point sur la restauration de Château Rocher

Malgré les différentes campagnes de travaux, le temps n’a pas épargné la forteresse aussi imprenable soit-elle. De nombreuses fissures ont fragilisé la structure même du château entrainant des éboulements. La lourde décision de la Communauté de Communes de Menat, propriétaire du château, et de la commune de Saint-Rémy-de-Blot, de fermer Château Rocher au public au cours de l’été 2014 était nécessaire. Nombreuses furent les réactions à cette annonce : incompréhension, déception, agacement mais il faut avoir conscience qu’à l’heure actuelle, pénétrer Château Rocher représente un réel danger ! Si nous voulons profiter de ce site pour encore quelques siècles, un simple « toilettage » n’est pas suffisant. Cela signifie un chantier d’envergure sur plusieurs années.

Fissure tour Nord-Est

Fissure tour Nord-Est

 

Un appel public à candidature avait déjà été publié au mois de mars 2014 afin de procéder à la mise en sécurité et en valeur du site. Parmi les projets présentés, celui de l’Agence Christian Laporte (architecte du patrimoine) en collaboration avec Cap’Paysage et Simon Deschamps éclairage a été retenu.

L’étude minutieuse du site, pierre par pierre, a confirmé nos inquiétudes et notre conviction de l’urgence d’une intervention. Une fois le diagnostic établi, il faut connaître les antécédents du patient pour le comprendre, et éviter les erreurs. De ce point de vue, Château Rocher est comme un animal sauvage : il ne se laisse pas approcher. Comme la plupart des édifices anciens, Château Rocher ne s’est pas construit en un jour mais en plusieurs siècles. L’histoire de ce château n’est pas si bien connue, les sources écrites sont rares, les campagnes de constructions nombreuses. L’architecte troque alors son compas pour le deerstalker de Sherlock Holmes, ou encore l’imperméable de Columbo (à chacun son style), et mène l’enquête ! Les conclusions de l’étude et premières esquisses du projet furent présentées en mai 2015 devant une assemblée bouche bée. Nous sommes tous conscients de la puissance de Château Rocher, quasi innée en raison de sa situation géographique -construit à flanc de rocher et dominant la vallée. Mais les interventions proposées, nombreuses mais discrètes, ouvrent les yeux sur la majesté et monumentalité de ces ruines et rappellent que nous devons faire preuve d’humilité face à elles. L’étude définitive fut remise en juillet 2016.

 

Ce point n’entrera pas dans les détails, le but est de retranscrire les principes et intentions de ce projet aux allures pharaoniques. Pour les plus curieux, le dossier complet est consultable à la Communauté de Communes de Menat.

Rapport 2015La restauration de Château Rocher ne signifie en aucun cas sa reconstruction, mais une consolidation de l’existant avec par moment une évocation d’éléments disparus. Ces derniers (plafonds, escaliers…) pourront être signalés grâce à l’utilisation de matériaux différents de la pierre comme le métal, le bois grisé ou encore le verre. L’une des missions les plus ardues était de retrouver un sens de circulation cohérent à travers les différentes pièces du château. Le but étant de le rendre plus lisible, que son histoire se dévoile au fur et à mesure de la déambulation sans faire appel à une signalétique envahissante. Egalement, pour les plus curieux, l’un des souhaits de l’architecte est que le visiteur puisse accéder à tous les recoins du château, comme accéder au dernier niveau des tours par exemple.

Mais restauration signifie aussi dérestauration avec pour objectif de retrouver la cohérence des lieux. En effet, d’anciennes restaurations, notamment effectuées par notre association au cours des années 1960 et 1970, induisent en erreur le visiteur. Il ne s’agit pas de balayer d’un coup de truelle le travail de dizaines voire de centaines de bénévoles ; leurs efforts ont sauvé le château ! Depuis, des recherches, des fouilles archéologiques ont mis au jour des informations contraires aux interprétations proposées antérieurement. C’est alors dans un souci de rigueur historique et toujours dans le but de redonner de la lisibilité au site, que certains éléments seront déposés. La pièce considérée comme la cuisine, actuellement couverte d’un plafond à poutres apparentes sera dérestaurée dans sa quasi-totalité car plusieurs sources, tant textuelles qu’iconographiques, indiquent la présence d’une voûte ou encore d’une coupole.

Le projet de mise en valeur concerne également l’environnement direct du château. À commencer par les accès. En effet, sans bonnes chaussures et une certaine agilité, descendre au château depuis le parking relève de l’exploit !  L’aménagement de l’espace guidera progressivement le visiteur en ménageant le suspens pour que la surprise ne soit que plus grande. Selon le chemin choisi, l’impression sera différente.

Enfin, l’éclairage sera complètement revu. Les gros projecteurs énergivores se verront remplacés par des dispositifs plus discrets, mais tout autant visibles de loin. Château-Rocher ne sera plus une tâche lumineuse au milieu d’un site naturel très peu éclairé. De nuit, les jeux de couleurs aideront à lire et comprendre l’articulation entre les différentes parties.

 

Pour conclure ce petit point, le calendrier. Le chantier se déroulera en cinq phases. La première se concentrera sur la façade du logis sud, dite partie Renaissance ; la deuxième sur la tour et la barbacane d’entrée ; la troisième sur les courtines est et nord ; la quatrième sur la courtine est et enfin la cinquième sur l’intérieur du logis nord. Les travaux commenceront dès 2016 et la première phase devrait être achevée dès 2017. Les autres phases s’étaleront sur les années suivantes, avec, nous l’espérons, un soutient financier constant de tous les partenaires (ce qui n’est pas chose aisée dans un climat de crise économique et sociale avec en toile de fond une menace terroriste toujours plus forte). Rassurez-vous Château Rocher ne restera pas fermé durant la totalité des travaux. L’un des souhaits du maître d’ouvrage est que le chantier soit ouvert, dès qu’une phase sera terminée, elle sera accessible.

 

 

Un projet soutenu par