Chantier : Phase I

Notre association s’est donnée pour mission de se faire le relais des avancées de la restauration de Château-Rocher lors de sa fermeture au public au cours de l’été 2014. Un premier point fut publié en janvier 2016, la suite n’arrive que maintenant. Le temps des médias n’est pas celui des chantiers, l’absence de publications ne signifie pas qu’il ne se passe rien !

   
façade Est intérieur et extérieur

le 22 avril 2017

Au vu de l’ampleur du chantier, il a été jugé nécessaire de procéder à un phasage des travaux. Concernant Château-Rocher, six grandes phases sont prévues. Le but premier est de stopper la dégradation des ruines et de consolider les zones sensibles du château sur le plan structurel, en procédant dans l’ordre des urgences. Bien évidemment cela doit être conjugué avec des aspects bien plus pratiques pour optimiser les installations de chantier et les échafaudages. Nous ne pouvons que saluer les maîtres d’oeuvre et d’ouvrage dans leur volonté de rouvrir progressivement le site au public au fur et à mesure de l’avancée des travaux tout en assurant sa sécurité. Vous l’aurez compris, la mise en sécurité et en valeur de Château-Rocher n’est pas l’affaire de quelques mois ou encore d’années !

source : rapport agence Laporte août 2015

 

Chaque phase de ce chantier peut être également mise en péril si, par exemple, les financements (le nerf de la guerre associé à la volonté de chacun) venaient à ne plus suivre. “Rayer” une ligne du budget destiné au patrimoine, à NOTRE patrimoine ne l’oublions pas, peut-être tentant puisque après tout “ça a tenu des centaines d’années, ça peut encore attendre”. La “culture française” qui est vantée et mise en avant (quand ça arrange) ne doit pas se limiter de n’être qu’un étendard teinté de chauvinisme. De plus, Il ne suffit pas que de favoriser la création, nous devons également conserver et préserver l’existant. Nous devons intervenir tant qu’il est encore temps. Notre relation au patrimoine peut revêtir plusieurs formes : historique (reconnaître l’importance d’un lieu dans la macro et micro-’histoire/histoire de l’art) mais aussi sentimentale. Château-Rocher est pour beaucoup bien plus qu’un point de surveillance de la vallée de la Sioule, c’est là qu’on se retrouve entre amis, c’est ici le point de départ d’une romance… Ne serait-il pas désolant de devoir dire aux générations futures qu’elles ne pourront pas comme nous profiter parce que nous avons laissé faire (ou préféré ériger une myriade de rond-points) ? Il est alors vital de rester mobilisés et vigilants mais trêve de démagogie, revenons à nos moutons.

 

Restée près de deux ans sur le papier, la phase I est réalité depuis le mois de février !

Située à l’entrée du site castral, la façade Est du corps de logis Sud est une partie sensible du château. Seul survivant, cet imposant pan de mur est grandement fragilisé par des fissures faisant suite à la perte d’éléments structurants comme l’encadrement des fenêtres. C’est d’ailleurs à la suite d’une chute de pierre lors d’une visite nocturne en 2014 que site fut fermé par arrêt municipal car jugé trop dangereux. Ceux et celles qui sont venus à Château Rocher ont certainement remarqué l’amas de pierres et de matériaux à “l’intérieur” au pied de la muraille, il contribue aujourd’hui à sa stabilité.
L’objectif est double puisqu’il s’agit de consolider et de restaurer. Les fissures seront comblées via des injections de mortier ou résine pour prévenir le risque d’infiltration d’eau. Les petites cavités dans le parement intérieur seront également rebouchées. Les zones les plus désorganisées mais dont les pierres sont saines seront démontées puis remontées. Les pierres mises en œuvre pour le chantier proviennent de deux types de sources : d’une part du Portugal (car il est aujourd’hui difficile de s’approvisionner en France) et d’autre part de dons de particuliers des communes alentours.


 

La disparition de la chaîne d’angle Nord-Est a fragilisé l’articulation de ces deux murs. La fissure témoigne de l’instabilité de la structure, aussi la chaîne sera reconstituée en pierre de taille.

 
 

Les béances, vestiges des baies, feront l’objet d’une attention toute particulière. Elles ne seront ni rebouchées (ce serait illogique) ni reconstruites (par manque de documentation) mais seulement évoquées. La disparition des encadrements a entraîné l’effondrement des maçonneries avoisinantes. Une ossature charpentée en bois de chêne vieux épargnera à la structure originale et fera office d’encadrement. Dans un second temps elle supportera un bardage extérieur qui restituera les baies disparues. Avec le temps, le bois grisera pour se fondre dans la muraille. Il faut reconnaître dans cette démarche de l’honnêteté en présentant un travail de restauration visible au premier coup d’oeil, au vu de la différence de matériaux, et de l’humilité car elle évite le faux archéologique.

 

Le deuxième volet de cette première phase fera l’objet d’un prochain article, celui-ci est déjà bien assez long. Retrouvez plus de photo sur notre page facebook en cliquant ici.

 

La fin de cette première phase est prévue pour juin 2017 !

à bientôt

 

le 28 avril 2017, Pauline Gomont

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