Congrès REMPART 2015

Assemblée Générale
Assemblée Générale
Affiche congrès REMPART

Les 23, 24 et 25 mai 2015, l’Union REMPART a tenu son congrès annuel. C’est un moment convivial et important pour la vie associative de l’Union auquel tous les adhérents des 170 associations locales sont invités. Tables rondes, visites, ateliers ont permis à chacun de mieux cerner les actions et les objectifs de ce mouvement national. L’association Château-Rocher, membre fondateur de REMPART, a fait le voyage jusqu’en Lorraine, sur les terres des anciens comtes de Vaudémont. Lire la suite

Les aventures d’Aurélia et Fabien, d’après l’abbé Rougeyron – Seconde partie

Yves Devaux, dans son ouvrage Château-Rocher et ses environs, (Rempart, 1980 p.17-22), nous résume la fabuleuse histoire d’Aurélia et Fabien racontée par l’Abbé Rougeyron.

Pour comprendre le texte qui suit, il faut avoir lu la  première partie !

 

Château - #8

 

 

 

Cloitre de l'abbaye de Menat - (c) Creative Commons
Cloitre de l’abbaye de Menat – (c) Creative Commons

Le jeune homme lui demanda de l’épouser, « lui promettant (…) qu’elle trouverait en lui l’époux le prévenant, le plus assidu, le plus aimant qu’il y eût sur la terre. A toutes ces demandes (…), Aurélia (…) répondait par ce mot accablant : « Jamais ! jamais ! »

Fabien, dans un accès de rage, sortit son épée. A l’instant où il allait commettre l’irréparable, la porte s’ouvrit brutalement  : Ménélé et ses amis venaient libérer Aurélia. On pourrait croire l’histoire terminée… Il n’en est rien.
« Le comte d’Auvergne, après avoir pris congé de (…) Ménélé revient à Clermont, résolu d’y faire instruire le procès de Fabien (…). Mais la famille du jeune homme (…) fit tant de démarches, auprès du roi Dagobert, (…) que le comte d’Auvergne reçut l’ordre de suspendre ses poursuites et de relâcher l’inculpé. »

Aurélia entra au couvent. Elle « fit en peu de temps des progrès si rapides dans la perfection de son nouvel état que, après la prononciation de ses vœux, elle pouvait être proposée pour modèle à toutes les religieuses de sa communauté ».
L’abbé Rougeyron explique, avec enthousiasme, qu’elle fut fidèle « à son vœux de chasteté. Oh ! qu’elle est brillante, qu’elle est sublime la vertu de chasteté ! Elle nous élève au rang des esprits célestes et nous rapproche de la divinité ; par elle l’homme fait de son corps et de son âme une hostie vivante, une hostie sainte… ». Laissons-le à ses affirmations, et avançons plus en avant dans les aventures d’Aurélia.

 

 

 

Gaston Phébus, Livre de la chasse, Chasseur et chien flairant les foulées d'un cerf, avant 1476,  cliché IRHT ; droits collectivité, CNRS et MCC
Gaston Phébus, Livre de la chasse, Chasseur et chien flairant les foulées d’un cerf, avant 1476, cliché IRHT ; droits collectivité, CNRS et MCC

Fabien était revenu à son château de Blot (…) et il faisait réparer les dégâts causés par le court siège qu’il avait soutenu. Souvent il s’informait du sort d’Aurélia, dont il ne pouvait effacer de son cœur le souvenir. Depuis que la noble demoiselle avait fait profession, il nourrissait contre elle le plus vif ressentiment (…). Il forma le détestable projet de l’enlever une autre fois, ou d’assouvir sa vengeance en la tuant de sa propre main si elle opposait une résistance. »

Un jour qu’Aurélia venait à Menat pour assister aux vêpres, Fabien survint et la poursuivit, « transporté de jalousie, d’amour, de haine et de fureur ». Le rapt échoua, plusieurs personnes venant au secours de la religieuse. Fabien contre le moine Théodule, n’était guère doué pour la réussite de ses entreprises ! Il alla, « après une si honteuse expédition, cacher son déshonneur et exhaler sa rage dans la tours et les galeries de son château fort ».

Cette tentative d’enlèvement ébranla la santé d’Aurélia. Elle tomba malade et , après quelque temps, rendit le dernier soupir. Fabien fut déchiré par le remords. Il chercha à oublier en se livrant, comme un forcené, à sa passion de la chasse. Un jour, il fut blessé par un énorme sanglier. On le ramena, presque mourant, à Château Rocher.

« Sentant sa fin approcher, le malade supplia son (…) confesseur de ne point l’abandonner (…) ; et puis, pour montrer au monde combien était grand son regret d’avoir persécuté Aurélia et affligé sa famille, il voulu qu’on l’étendit sur un peu e paille mêlée de cendres au milieu de l’appartement qu’avait occupé sa prisonnière. Là, perdant par ses blessures qu’on n’avait pas pu fermer le peu de sang qui lui restait encore, il rendit l’esprit… ».

 

 

 

Pour ceux et celles qui voudraient profiter de la plume aux accents lyriques de l’abbé Rougeyron, l’intégralité de la légende se trouve ici à partir de la page 65.

Les aventures d’Aurélia et Fabien, d’après l’abbé Rougeyron – Première partie

Saint Ménélé
Saint Ménélée, église abbatiale de Menat. (c) Creative Commons

Yves Devaux, dans son ouvrage Château-Rocher et ses environs, (Rempart, 1980 p.17-22), nous résume la fabuleuse histoire d’Aurélia et Fabien racontée par l’Abbé Rougeyron.

Des regards qui se croisent dans les couloirs de l’évêché de Clermont, une histoire d’amour est sur le point de naître. Mais comme dans toute bonne tragédie, cet amour est impossible … à moins d’enlever sa promise !  Château Rocher se retrouve une nouvelle fois au coeur de la légende.

Pour ceux et celles qui voudraient profiter de la plume aux accents lyriques de l’abbé Rougeyron, l’intégralité de la légende se trouve ici à partir de la page 65.

Aurélia, bien que pourvue de grandes qualités, inquiétait, Ménélé. Le saint, ayant « reçu de Dieu, à un degré éminent, le don du discernement des esprits, eut bientôt connu les qualités et les défauts de sa jeune sœur. il comprenait que, s’il pouvait vers le bien cette nature riche mais ardente, elle irait loin dans les voies de la perfection (…). Mais il prévoyait que, si elle se jetait dans l’amour et la recherche des créatures, elle ferait de tristes écarts… »

La crainte de Ménélé se réalisa. L’abbé Rougeyron nous dit pompeusement : « Le cœur d’Aurélia avait cessé d’être libre ; elle l’avait inconsidérément engagé dans une voie funeste. »

Le jeune homme se nommait Fabien. Il faisait partie d’une des « familles les plus considérables et les plus considérées de Clermont « . L’abbé, comme dans un roman populaire, le représenté « doué d’une taille avantageuse, d’un tempérament robuste, d’un caractère généreux et hardi et faisant l’orgueil de son père et de sa mère ». Malheureusement, ceux-ci l’avaient élevé avec « une molle négligence »…

Dans les salons de l’évêché, Fabien commença de ressentir les premières atteintes de ‘amour ! Étrange imagination de l’abbé Rougeyron..

Sadoc enlève Chelinde pour l'amour de Pelyas
Roman de Tristan en prose, Evrard d’Espinques (15e siècle) Sadoc enlève Chelinde pour l’amour de Pelyas. Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojéda

Encouragé par Aurélia, le jeune homme procède à son enlèvement. Il l’emmène à Château-Rocher, car « on ne pouvait choisir une position plus inexpugnable ».

Là, Rougeyron se lance dans une description du site : « Au milieu de régions (…) tourmentées de mille manière coule la Sioule, jolie rivière, dont les eaux claires et rapides nourrissent les poissons les plus exquis, font tourner une infinité de moulins et arrosent des près étroits (..). Une suite (…) de vallons aboutit à cette vallée principale de la Sioule et lui apporte le tribut des ruisseaux (…) qui les parcourent. Entre ces vallons prolongé et profonds se trouvent taillés, tantôt à pic et tantôt en pente extrêmement rapide, des contreforts ou masses de rochers soutenant des plateaux couverts de bois ou de champs cultivés. Ils se terminent brusquement, à plus d’une centaine de mètres au-dessus du niveau de la rivière. »

Poterne Nord dite "Porte du Meunier"
Poterne Nord dite « Porte du Meunier »

« C’était sur l’une de ces arêtes escarpées que s’élevais, comme un nid d’aigle, le château de Fabien. »

Dans la région ce fut la consternation ; les religieuses « maudirent l’insolent séducteur ; elles prièrent surtout pour la conservation de l’innocence d’Aurélia » !

Une députation fut envoyée à Château-Rocher. Elle n’obtint « que des injures et même des menaces de mort ».

Ménélé et sa mère étaient surtout inquiets à l’idée qu’Aurélia « pouvait être l’objet des violences brutales de son séducteur ». Voulant être éclairés sur ce point capital, ils envoyèrent chez Fabien un religieux déguisé en mendiant.

Jouant son rôle, le moine parvint à pénétrer dans le castel, demandant l’hospitalité pour la nuit. Il réussit à échanger quelques mots avec Aurélia ; celle-ci se rendait compte d’avoir « commis une faute énorme contre la décence et la piété ». La jeune fille exprima au moine son repentir. Celui-ci, qui se nommait Théodule, la consola et décida d’aider à son évasion.

« Chaque matin, vers quatre heures, le portier se levait et quittait sa loge pour aller prendre dans l’appartement de son maître les clefs du château, que Fabien gardait pendant la nuit (…). Il ouvrait ensuite la grande porte, auprès de laquelle se plaçaient deux sentinelles qu’on relevait tour à tour durant la journée. Ces deux hommes, armés jusqu’aux dents, avaient ordre d’aider le portier à pousser les lourds battants, au moindre cri d’alarme de celui qui faisait le guet au sommet de la grande tour.

« Il fallait renoncer à toute tentative de fuite de ce côté-là ; mais heureusement, il existait au nord-ouest une petite porte donnant sur la Sioule et vers laquelle aboutissait un sentier tortueux, taillé à coups de pic et de ciseau sur le flanc escarpé de la montagne. Cette ouverture restait presque toujours fermée : on ne l’ouvrait que pour faire entrer ou sortir le meunier dont le moulin était au bas, sur le bord de l’eau.

« C’est par là qu’Aurélia, aidée de Théodule, tenterait de s’enfuir. Au matin, le moine quitta Château-Rocher, non sans avoir remercié ses habitants pour leur hospitalité. Il alla attendre au bord de la Sioule, à l’arrivée du chemin du meunier, près d’une barque. Aurélia, que l’on ne surveillait guère, devait s’emparer de la clef de la petite porte et re joindre Théodule. Malheureusement, le bateau se trouvait retenu par nœud que le brave moine -qui ne péchait pas par une excessive finesse d’esprit – ne parvint pas à défaire à temps !

Gustave Doré (d'après), Illustration de Don Quichotte, planche n°13, (c) Creative Commons
Gustave Doré (d’après), Illustration de Don Quichotte, planche n°13, (c) Creative Commons

Un sentier tortueux aboutissant au rivage de la Sioule : c’est par là qu’Aurélia tenterait de s’enfuir

Aurélia fut reprise, Théodule parvint à s’enfuir. Ménélé et ses amis furent « d’avis que c’était le moment d’employer la force pour arracher à Fabien sa victime, avant qu’il eût le temps d’attenter (…) à son innocence ». On en revenait toujours à cette question !…

Ménélé et ses alliés – parmi lesquels le comte d’Auvergne – « disposaient d’une force d’environ cinq cents soldats assez bien armés (…). Fabien ne pouvait leur opposer qu’une centaine d’hommes peu aguerris ».

La forteresse fut attaquée : les assaillants gravirent la montagne malgré les pierres que l’on faisait rouler sur eux ; on appliqua des échelles contre la muraille ; Château-Rocher tomba aux mains des amis de Ménélé. Mais, depuis plusieurs heures, Fabien avait ordonné de conduire Aurélia jusqu’au château d’un de ses amis, Théobald…

Le ravisseur parvint à quitter Château-Rocher en utilisant la porte du meunier, que les assaillants n’avaient pas remarquée, « cachée qu’elle était par des broussailles qu’on lassait croître à dessein dans les environs ».

Théobald possédait, de l’autre côté de la Sioule, un manoir composé de deux corps de bâtiment, nommé pour cette raison château des Deux-Forts. Il se trouvait à « une demi-heure au nord-ouest de Menat ».

« Le roc sur lequel était bâti Deux-Forts avait moins d’escarpement et surtout moins d’élévation que celui du château de Blot ; mais le site en était peut-être plus sauvage. »

Aurélia se désespérait. Personne, jamais, ne pourrait découvrir sa « nouvelle prise au milieu de cette épaisse forêt recouvrant au loin toutes les pentes et toutes les hauteurs. »

Fabien se présenta devant sa captive. L’amour du jeune homme augmentait à la vu d’Aurélia, « chez qui la tristesse et les larmes, comprimées par un noble courage et une héroïque patience, relevaient encore l’éclatante beauté ».

Le jeune homme lui demanda de l’épouser, « lui promettant (…) qu’elle trouverait en lui l’époux le prévenant, le plus assidu, le plus aimant qu’il y eût sur la terre. A toutes ces demandes (…), Aurélia (…) répondait par ce mot accablant : « Jamais ! jamais ! »

Fabien, dans un accès de rage, sortit son épée. A l’instant où il allait commettre l’irréparable, la porte s’ouvrit brutalement : Ménélé et ses amis venaient de libérer Aurélia.

On pourrait croire l’histoire terminée… Il n’en est rien

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Aurélia est-elle réellement sauvée ?

Quel avenir pour Fabien ?

Pourquoi Dagobert ? 

La suite au prochain épisode !

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